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Estartit (Iles Medes) dernière

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Dernière aux Mèdes

Ce foutu réveil me tire d’un rêve inavouable et tel un Zombie je quittais la couche tiède pour le lavabo blafard. La route, sous un soleil naissant qui me fait de l’œil entre le pare soleil et le rétroviseur se déroule sans histoire. Arrivé sur le trottoir le premier, comme à l’accoutumée,  j’en profite pour vérifier encore une fois le sac minimal et nécessaire à l’accession au dernier bonheur subaquatique de l’été. Au cours des sorties, le sac s’est épuré et allégé, au placard les gants, le Kway, le drap de bain, le petit pull et les fruits secs. Un sac mini, si l’on peut dire, avec l’indispensable sécuritaire.



Ce matin il y a 8 français à bord, trois viennent de Montbrison, trois du CNR (ils passent le bonjour à Jpierre B et Martine VDB), et un autre d’Angers qui m’accompagnera ce matin. Philippe aborde sa première plongée aux Mèdes, ses amis lui ont prédit d’avoir à écarter les poissons pour avancer, il sera servi ! Nous avons juste le temps de nous habiller sur le pont ensoleillé avant d’être sur le site de plongée. Le ciel est mordoré avec des langues grises qui lèchent voracement  le trou de ciel bleu. Le Pilote croche le mouillage proche de le Roca de l’Escrivana et la Tascons Petits. Le Briefing nous indique de faire un triangle au fond et de bien ouvrir nos yeux.

Nous basculons en arrière du haut bordé et descendons en pleine eau où nous retrouvons le fond râpé et sédimenté sans intérêt. Au détour du premier éboulis, l’avant garde de la famille mérou nous attend et le festival halieutique commence. J’énonce sans retenue et je vais sans doute en oublier : mérous entre 30 et 80cm, sargue, bars, myriade de petits poissons aux queues effilées et sombres, bancs de marbrés. Le fond est constellé d’oursins noirs aux épines élancées, de sphères, d’holothuries et de vers à langue de belle-mère, fourchue et rétractile . Nos lampes étant restées chez le réparateur ou au magasin nous ne verrons pas le corail rouge qui vit sous les sombres surplombs ni de mostelle tapie dans son trou. Les gorgones mimosa et parfois mauves tapissent les parois et nous surprenons des mérous vautrés sur le flanc et en grasse matinée et de gros chapons tapis en attente de mauvais coup, ils se laissent pincer la queue sans broncher pas plus qu’un gros poulpe qui semble apprécier les guili-guili du bout d’un doigt non ganté. Un mérou  brun tacheté et imposant, plus affectueux que les autres, vient face à moi et à portée de main, yeux dans les yeux, ouvre sa gueule tout en battant des nageoires pectorales alternativement dans un vol stationnaire fascinant. Je l’imite face à face en l’imitant des bras tout en restreignant ma production de bulles. Je reste sous le charme et doit attendre qu’un autre mérou jaloux vienne par dessous et attaque latéralement, toute voilure caudale éructée, le poisson affectueux. La magie s ‘évapore , les bêtes aussi !

Nous croisons ensuite la route de deux raies aigle qui filent sans s’arrêter et  plus loin, un, puis trois barracudas de 50 cm, esseulés sont en attente de regroupement. Nous ne verrons pas le banc que les 3 Montbrisoniens ont croisé. Un autre raie aigle surgie de la droite,  nous contourne par l’avant puis nous dédaigne. Nous nous laissons remonter lentement en spiralant autour de l’Escrivana[1] dans un bouquet final, nous ne savons plus ou donner des yeux : à droite et en bas un groupe de poissons genre gaterins, devant nous un banc de mulets intrigués et entourés par un gros barracuda, une grosse dorade et trois loups, dessus des sargues et la myriade de petits aux queues noires fourchues, c’est un feu d’artifice et c’est à regret que nous décidons d’écarter les poissons et de briser le charme mais pas les normes fédérales, et d’émerger à 20 m du bateau. Espérons que ces 45 mn de bonheur ne pénaliseront pas trop mon équipier qui replonge dans 2 heures !

Nous rentrons au quai dans l’enthousiasme verbal des grands jours ! Sitôt atterri, je quitte Philippe et rejoins le bureau-atelier-magasin où Jaqueline, habillée élégamment en gitane, nous accueille avec sa gentille sérénité mais entourée de ses trois fauves turbulents.  Dans la cohue, je règle ma note et elle me souhaite un prompt retour à bord du Calypso II, elle n’est pas mécontente de mon premier récit, et je peux revenir !

Nous repenserons aux Mèdes tout l’hiver en relisant ces quelques lignes qui vous donneront sûrement envie de venir explorer le site des Iles Mèdes, évitez seulement les périodes de grandes migrations humaines et sachez choisir votre officine locale !

Gérad


[1] Escrivana : rocher émergeant du site des Mèdes

1 commentaire

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coco 90, 12 févr. 2011 à 00:02
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salut!


je vois que l'article n'est pas d'hier....mais le Calypso 2 est toujours là, et Jacqueline aussi....lol


je suis déjà allée 4 fois à l'Estartit, et j'y retourne encore fin avril pour passer le rescue, nous avons nous p'tites habitudes à l'hotel Panorama. Seul bemol, c'est à 1100 kms de chez nous...


 


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