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Actualités plongée


La Londe

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Vendredi

Les nombreux problèmes soulevés par Etsuko ayant été résolus, les fiches de GéGé étant complètes ,le car put enfin se garer le long du tas de blocs. Les ‘sacssecs’ profitent d’une accalmie  pour rejoindre les bouteilles bien rangées sur le sol de la soute.

C’est Loïc qui gagne le gros lot avant même le départ. Il est inscrit pour 2 parts de sangria, Les zones de sécurité sont piétinées cette année et l’odeur de punch remonte jusqu’aux narines des chauffeurs bien avant la place de la Loi ! Dès Toussus, nous prenons un Alain stoppeur ravi. Une fois les langues déliées, les propos philosophiques s’installent et on peut entendre ici où là des bribes aussi diverses que variées : on compare le vécu au vrai cul ,on admire la coupe du cake de Valérie, Les narines de Claude réagissent au cri du bouchon arraché à son goulot, Le Lepetit de GG se dissout bien dans le  Brouilly. En un verre comme dans deux tout est normal !



Aire de Nemours tout le monde descend, et c’est Carl qui le dit ! Dès la réouverture du plumard à roulettes, tout s’organise et les promiscuités se gèrent. Le vaisseau sera bien arrosé jusqu’à la sortie de Hyères où le microclimat Londais est déjà en place.

 

Samedi

Madame Blanc, notre hôtesse, nous attend avec un large sourire, dieu que son centre est accueillant avec sa cour carrée entourée de murs ocres, ses arcades et la cascade de Bougainvillé, et surtout l’air doux et presque parfumé. C’est une des dernières images sereines du week-end. Dès le 1/4d’heure suivant l’overclockeur a frappé et les cadences infernales démarrent. Il faut trouver une chambre, puis un lit, organiser des tractations et finalement chacun trouve sa chacune. Puis après avoir martyrisé une ou deux oranges, re-sauter dans le car qui nous descend ce matin jusque sous la pinède, essayer de mémoriser ceux avec qui on va se réadapter, et déjà Les paupières à peines relevées, il faut traîner le sac, porter le bloc, trouver un territoire et le défendre, et enfin enfiler sa combinaison encore sèche et commencer l’énumération mentale des oublis de la veille, pas vrai PH ?

A 9h00 pétantes, l’Euréka s’ébroue, d’abord un petit couinement aigu puis le sourd grondement de la cavalerie cachée dans les cales. Nous nous dirigeons sur l’eau calme et un air doux vers le 1er site du week-end. La conjugaison des deux hélices contrarotatives forme un sillage bleuté pareil à la queue d’un grand cétacé. Sur le pont bien protégé par les bâches, chacun distille sa goutte de stress, on refait cent fois le tour de son matériel, repère le meilleur endroit pour se poser, les palanquées se regroupent, et sautent dans une eau bleutée très méditerranéenne. Les posidonies que nous survolons sont un peu entartrées, mais l’ambiance est de nouveau là, ,nous baignons dans le bonheur. Michel se laisse caresser par une gentille poulpette qui se dérobe puis réapparaît   coquinement. Tous auront leur première ration de plaisir !    

Dès le retour sur le pont, Michel est aux petits soins pour Véro sans oublier GéGé et sa bonne fiole…mais il n’ a pas les sucres cette fois. Des gloutons s’en emparent et sans scrupule liquident la provision du week-end ! Les mensonges commencent à fuser et Etsuko règle ses cordes vocales avant d’entonner un trémolo joyeux. Les Bretons ont les cornes de brume, nous avons notre corne de joie du Week-end. A chaque instant elle déclenche son organe, jetant des éclats de rire au dessus des débats  passionnés, qui se prolongent sur le sentier pédestre du retour et puis à table ensuite.

Le repas est animé et, déjà certains pensent aux bleus que d’autres auront sur les  bras dans deux ou trois jours…. La digestion à peine entamée, nous  retournons dare-dare par le sentier ombragé dans la douceur de l’après midi  au club où chacun retrouve ses repères et s’installe.

La bateau rechargé finit par se déhaler et nous reprenons l’alignement de Port Cros et de la pointe de la Croix. Le vent naissant nous fait glisser sur les vagues dans de grands surfs. Le ronronnement de la cavalerie incite à la sieste et c’est bien calé entre deux blocs, le visage caressé par les doigts soyeux de Râ que je bulle ! Sur que ce soir l’élévation du  taux de mélanine dissimulera l’excès de tanin des breuvages largement distribués aux repas.

La mise à l’eau est rapide et ordonnée. Et chacun se retrouve dans l’onde bleue à déguster le spectacle halieutique. L’échelle est remontée en canard divergent et le retour sur le pont est suivi d’un soupir qu’on ne saurait interpréter. La Fiole magique sort soudain des rêves et les gouttes brûlantes glissent dans les gorges avides. Le vent est monté et, derrière le rocher protecteur on peut voir des paquets d’embruns tourbillonner. Les 660 tranquilles coursiers de l’Euréka se transforment en 660 mules opiniâtres perforant les assauts de l’élément liquide. Toutes les 7 vagues, la pointe du bateau enfourne profondément l’eau bouillonnante qui retombe sur le pont arrière en cataractes salées. A grands coups de barre et de manettes des gaz, Daniel esquive en se faufilant entre les masses liquides poussant les machines ou ralentissant selon le relief mais, dès le retour de l’abri de la côte les chocs s’estompent. Tous resteront stoïquement sous les douches d’eau salées sauf Michel qui se prit à jouer avec le seau. Une robinetterie vexée sans doute, vint lui causer à l’arcade, Le sang gicla et Dr Philippe se précipita en émettant un pinpinpon pinpinpon très pro. D’une sangle de masque il bloque le pansement compressif pendant que déjà des mains se tendent pour mouiller un sucre du sang du vieux chef blessé. Le retour au ponton fut nocturne et Daniel excella à mettre le bateau à quai par le cul dans le faisceau du maigre projecteur de pont.

Il lui suffira de deux petits points de soudure sur le casque pour qu’il revienne sous les vivats de la foule déjà attablée qui lui infligea quand même une participation expiatoire à la sangria du lendemain.

Dès le repas terminé, La boîte à mensonges est allumée et, la bouteille de Chinon millésimée de PH soutient la victoire de nos petits Français face aux ogres Sud–Africains. Certains enchaînèrent sur un deuxième match, nous tairons les noms.

 

Dimanche

Dès 7h00, la symphonie des réveils démarre dans les cellules le long du couloir, Les chasses d’eau suivent après les douches et tout le monde se retrouve devant le presse-oranges avant les agapes matinales. La désaturation est terminée et les excès d’azote de la veille se retrouvent sous les paupières ballonnées. A 8h00 le car redémarre et à 8h10 tout le monde se redéguise en pingouin pour la matinée. Heure exquise qui vous grise, on connaît la chanson ! Le passage délicat du ballot mi sec sur les reins vous fait friper la peau et faner les oreilles, mais qu’importe il faut y aller, le bonheur du dessous se conquiert au dessus.

9h00 retour à bord, les places se retrouvent, les habitudes s’installent, l’aventure du pont s’organise, et le bateau file laissant son sillage étrange à sa poupe. Un bloc épris de liberté sautera de son alvéole et Michel fera remarquer qu’il y avait moins de monde autour de lui la veille !

Ce sera la Gabinière, que nous visiterons ce matin, haut lieu des rencontres underwaternelles et tout ce que Daniel nous a promis est là, au mètre près (ou presque) ! les Mérous verdâtres tachetés à l’œil vif encore endormis, le banc de barracudas et son anneau scintillant, de grosses carangues, des murènes. Les blocs sont déjà hors jeu et c’est à regret que nous nous arrachons du fond pour remonter sur le pont. Deux vieux filous sont restés au soleil et ont pris un taxiboat pour se faire ramener, nous verrons bien le résultat argentique, néanmoins Sangria ! PH n’a égaré que ses plombs ce matin, Sangria !

Le retour au ponton est moins arrosé que celui de la veille, quoique…. Mais nous touchons le quai suffisamment tôt pour envoyer nos missionnés vers le Champion du coin en prévision des agapes du soir. Le car nous assiste et nous aide à un prompt retour au centre.

Ce sera une épave en pleine mer cet après-midi. C’est la première du week-end et ce farceur de Daniel laisse entendre que c’est le Donateur, il nous prend pour des parisiens. Une bouée est larguée à sa verticale mais gare ! il faudra suivre le bout sans y toucher avant de se retrouver sur une annexe du parc à ferrailles de la Royale ! Tout le monde ou presque errera dans les enchevêtrements de tôles et poutrelles tortillées du Ferrandon, telles des nouilles sur une assiette plate. Seul avec ses groupies, notre bon Président valtatonnera et taquinera une crevette et un demi spirographe avant de quand même rejoindre le bateau où il est acclamé : Sangria !

A force de manœuvres tout le monde est récupéré en bonnes conditions. Le site est proche et le Ferrandon ne laissera pas trop de souvenirs. Dès 18h30 nous sommes vautrés sur les fauteuils dans la cour carrée du centre. Valérie s’explique avec Gilles au téléphone. Lavés, rasés, parfumés, nous ondulons sous la caresse tiède du vent léger. La préparation psy à l’apéro du soir est en route.

 

Cette réunion bruyante et joyeuse peut se résumer ainsi :

Entendu :        Les bouchons pètent et les bouteilles giclent
                       Claude veut faire sauter lui aussi quelque chose sur ses

genoux ?          Les éclats de rire d’ Etsuko
                        Les galéjeades de Daniel et Fred
                        Les plaintes de Dominique à l’encontre d’un initiateur

vicieux              J-Luc négocie dur avec Carl
                        Michel qui regrette un bigorneau ?
                        Dominique réclame son masque et parle de Michel.
                        Le Discours du Président.

Les tractations avec Daniel et Fred pour la plongée du lendemain matin, une vraie plongée, pas pour les tapettes !

Vu         :          La main tremblante d’un Franck titubant
                        Le KGG rôde la carnet à la main et note le moindre détail.
                        Le côtelé de Christine qui incite à l’investigation.
                        Le JP qui débouche plus vite que son ombre.
                        JPB qui tremble et explose son godet en plastique.
                        Philippe re-béate au bar, aie !
                        Papy qui réclame le verre caché dans sa main ?
                        Alain , ému qui embrasse le scribe pour voir ses écrits.
                        Monique apanouie qui sourit aux anges.

 

Les provisions étant restreintes par un Claude économe, les convives rejoignent les sièges autour des tables et attaquent les plats dans un brouhaha coloré surplombé par les fusées Etsukiennes ! D’autres groupes se font discrets mais une table de 4 nous fait des avances biologiques auxquelles nous acquiessons. Soudain la lumière baisse et telle la procession des rois Mages, des bougies enfoncées dans des gâteaux s’avancent vers Jessica  sous les chants chaleureux. Une larme perle au coin de l’œil majeur et celui du papa ne reste pas sec ! La vague d’émotive tendresse reflue et les parts de tarte tropézienne sont distribuées largement, même à la biowomem esseulée de la table de 4 ! Les cafés bus, nous allons au rendez-vous de la Bio dans la salle idoine. Le biomec barbu de service nous dévoile des détails fondamentaux locaux. Il connaît son sujet, le bougre ! La cassette de Papy est plus terre à terre…Les crabes y attendent la marée pendant que les plongeurs parcourent le ponton vers l’ Euréka. Nous y revoyons les bougies de Jessica, le discours du Président et le gars GG prendre des notes. C’est fini,  tous au lit car le réveil sonnera à 7h00.

 

Lundi

Le petit jour s’ébroue et dès les tonelles du Club la nouvelle s’enfle. Les confirmés iront visiter le Donator ! Un dinosaure régionnal de 79m posé sur un fond de 52m. C’est sur une eau presque plate que nous rejoignons la verticale de l’épave. Eric en pingouin noir, saute à l’eau dès le sifflement de Daniel et s’enfonce droit dans l’eau sombre. L’ attente se prolonge et Eric ressort avec les nouvelles du fond. Le courant est fort mais le bout est frappé solidement sur le pont rouillé du pinardier coulé il y a 60 ans. Les séances de palmage des années précédentes serviront enfin à quelque chose ! Il faudra nous déhâler à la main le long des 60 m de bout tendu et après 5 mn de traction nous débouchons sur la coursive de l’épave. Nous resterons dans nos prérogatives et admirerons de loin ceux qui ramassent du sable sous l’hélice. Qui donc affirme qu’elle est briquée miroir ? Sophie dément et parle de narcose les yeux mi-clos. Nous remonterons de la même façon le long du bout tendu. La grappe du palier ne nous permet pas hélas de partager verbalement les émotions mais les yeux parlent. La position du drapeau a suffit et c’est de bout en bout que nous progressons vers les échelles libératrices de l’onde en mouvement. Tout le monde est ravi, épuisé mais ravi.

                 Dès le milieu du repas les premières défections s’annoncent, les hésitations s’estompent et retour au Club où nous reglissons une dernière fois nos corps meurtris dans les combis avant de retourner sur le pont bleu de l’Eureka qui repart de plus belle.

                 Ce sera une plongée câline mais Fred et Daniel changeront Montrémiant pour Porquerolles et sa roche percée. La mer est de nouveau formée et l’ Euréka enfourne joyeusement et rince quelques stoïques restés sur la plage arrière, mais l’eau est à 20° et l’air à 23°, comme au mois d’Août à Lorient. La mise à l’eau se fait en passes successives à l’abri de cette roche percée qu’il faudra contourner à main droite. Le Président et son secrétaire entourent Etsuko pour la finale. Elle nous suit aveuglément dans les éboulis, nous dénichons des rascasses hérissées, un beau congre, des carangues , des loups, quelques barracudas, c’est la plongée bonheur de fin de week-end, celle qui détend et calme, enfin elle devrait. Sur un champ de posidonies l’ordre est donné de remonter. L’émersion est un peu précoce et nous sommes encore du coté secoué de la roche protectrice. Qu’importe le vent et le courant nous ramèneront vers le calme, mais le bateau est bien loin et tout petit. La palanquée se regroupe et entoure notre Etsuko qui rit moins bruyamment et comprend mal pourquoi le bateau ne vient pas nous chercher tout de suite! Nous faisons le bouchon en surface et d’autres parachutes s’érigent devant nous. Le courant et le vent nous regroupent et le bateau vient enfin nous rechercher. Tout le monde est quand même ravi et les cataractes d’eau qui nous assaillent ne diluent pas les souvenirs gravés. De la manette des gaz et de la barre, Daniel joue avec la houle et parfois la grosse vague dépassée nous rejoint, bouillonnement d’écume bleuâtre prête à nous engloutir, mais déjà les chevaux hennissent et distancent l ‘amas d’eau.

                 Nous sommes déjà à quai et le processus final est enclenché, déshabillage, rangement, douche facultative, rhabillage succinct, chargement du car, dernier appel, récolte de chèques et route dans le sommeil lourd et réparateur avant le grouillement silencieux du petit matin du Chesnay.

Gérard

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