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La sécurité en plongée

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LANMP, dans sa tribune n°13, évoque la sécurité en plongée. Comme il nous a paru important de le (re)souligné, en voici le contenu:

Un constat : le nombre d’accidents augmente
Selon les assureurs, on enregistre une recrudescence des sinistres dans toutes les activités de pleine nature (ce qui est confirmé par les données 2007 du CROSS). Ce fait s’expliquerait en partie par un changement d’attitude du pratiquant, qui souhaite aborder beaucoup de disciplines différentes, avoir accès très vite à des sorties « engagées » sans accepter de prendre le temps nécessaire à la formation et l’acquisition d’expérience... Les encadrants se trouvent souvent partagés entre la pression commerciale et la logique pédagogique...
Bien sûr la plupart des éducateurs sportifs font leur possible pour préserver la qualité des formations, mais force est de constater que le niveau baisse : qui pourrait affirmer qu’un plongeur niveau 2 d’aujourd’hui a les mêmes compétences qu’un niveau 2 d’il y a 10 ou 15 ans ??



L’évolution de nos cursus est une nécessité, pour les adapter à la demande actuelle : des prérogatives plus ciblées pour des formations plus courtes. C’est dans ce sens que vont les propositions de concevoir 2 filières séparées pour le plongeur encadré et autonome ; l’ensemble des acteurs de la Section Permanente s’était accordé sur ce principe. (Vous lirez dans l’article ci-dessous que la réforme de nos normes de pratique est remise à une date ultérieure.)
En l’attente, c’est à chacun de nous d’agir pour améliorer la sécurité de la pratique.

Quelques causes d’accidents
En se basant sur l’expérience des accidents déclarés ces dernières années et autres constats de terrain, nous vous proposons de faire un petit tour d’horizon des quelques causes les plus fréquentes d’accidents, et surtout des actions à mener pour éviter les problèmes.

La compétence des encadrants
Le Directeur de Plongée est responsable du choix de ses encadrants : il lui faut bien prendre conscience que s’il confie des plongeurs à une personne qui s’avère incompétente et/ou non habilitée, il aura sa part de responsabilité en cas d’accident.

Les capacités des plongeurs
Le Directeur de Plongée est responsable également de la composition des palanquées, du choix du site et des paramètres, le Guide de Palanquée reverra ces paramètres à la baisse s’il le juge nécessaire. Il est de plus en plus nécessaire de vérifier les compétences réelles de nos clients. Évidemment, cela devient une obligation s’ils ne sont pas titulaires d’une qualification reconnue par l’arrêté de 98. N’oublions pas qu’une plongée d’évaluation bien amenée et bien menée doit rester un vrai plaisir pour le plongeur évalué.
L’état physique et psychologique du plongeur ne doivent pas échapper à notre évaluation, et les conditions de plongée doivent être adaptées.
Nous voyons notamment des plongeurs de plus en plus âgés et de nombreux cas d’arrêts cardiaques sont à déplorer ces 3 dernières années (9 cas sur les 17 décédés et disparus en 2007).
Nous vous rappelons que tout salarié est en droit de refuser d’effectuer une action qu’il estime dangereuse pour lui ou ses clients (voir ci-dessous).

Les manoeuvres du bateau
Avec des clients moins expérimentés et souvent moins réactifs physiquement, le pilote du bateau doit redoubler de vigilance face à des comportements de plongeurs quelquefois aberrants.

Dire et redire
Le Directeur de Plongée et les encadrants doivent rappeler en permanence avant chaque plongée les gestes et consignes de sécurité, même quand ils semblent basiques et évidents :
- Bien se tenir en montant à l’échelle, ne pas rester derrière le plongeur qui monte (un tétraplégique suite à un « retour » à l’eau en 2006...)
- Sauf organisation de plongée en dérive (réservée aux plongeurs très expérimentés), mettre en place des repères (mouillage, pendeur...) pour la descente et la montée, que les plongeurs doivent suivre.
- Remonter sur le bateau avec au minimum 50 bars dans les bouteilles : trop d’accidents sont encore dus à des pannes d’air.
- Éventuellement imposer des paramètres et des procédures de décompression minimum à respecter pour les plongeurs autonomes
- Vérifier que tous les plongeurs autonomes disposent d’un moyen de repérage en surface

Une pratique en sécurité : le rôle du moniteur
Nous l’avons dit, les plongeurs sont parfois, voire souvent en moins bonne condition physique et ont une pratique moins intensive qu’il y a une quinzaine d’années, sans compter une conscience du risque bien inférieure. Pour garder un niveau de sécurité identique, c’est la qualité de l’encadrant qui doit augmenter! Le moniteur d’aujourd’hui doit développer des capacités d’observation et d’anticipation bien supérieures à ses prédécesseurs.
On ne changera pas notre public : c’est à nous de nous adapter ! À nous de mettre en place des organisations de plongée qui tiennent compte des modes de pratique actuels. À nous de faire mentir les statistiques et diminuer ensemble cette accidentologie, bien sûre néfaste à l’image de la plongée et au développement de notre activité, laquelle souffre déjà d’une image injustifiée de pratique dangereuse. Sans compter, et il faut bien en être conscients, que cette accidentologie grimpante « plombe » nos cotisations et possibilités d’assurance...

Droit de retrait et danger grave et imminent
Lorsque la situation présente un danger grave et imminent pour son intégrité physique ou pour sa santé, ou pour celles des pratiquants qu’il encadre, le salarié ne pourra être sanctionné pour avoir exercé son droit de retrait et ne pas avoir exécuté les instructions reçues. Dans ce cas, aucune retenue sur salaire ne peut être prise à son encontre.
Le moniteur est donc en droit de refuser d’effectuer une intervention demandée par son employeur, si celle-ci est contraire aux règles de sécurité, ou jugée dangereuse. Exemples : encadrer une palanquée en sureffectif par rapport au cadre réglementaire, dépasser les profondeurs autorisées par les niveaux des plongeurs, encadrer des plongeurs étrangers sans certificat de compétence, sortir quand les conditions météo ne permettent pas de plonger en sécurité, etc...

Pas vu pas pris
Nous savons tous que les contrôles sont souvent insuffisants, tronqués ou bienveillants ; il ne faut pas oublier qu’en cas d’accident l’enquête sera bien plus approfondie. Celle-ci permettra notamment de vérifier si les éventuelles « entorses » au règlement sont une exception ou une habitude...

La responsabilité morale
On parle souvent de responsabilité pénale et civile... mais la plus lourde à porter sera certainement la responsabilité morale. Que votre responsabilité soit avérée ou non devant le juge, pas toujours facile de dormir avec un mort ou un handicapé sur la conscience. Un peu plus facile peut-être quand on n’a vraiment rien à se reprocher ??

http://www.anmp-plongee.com/

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