Plonger seul, selon tous les organismes de plongée sous-marine, cela ne se fait pas.
Mais pourtant, de temps en temps, les plongeurs expérimentés s’immergent en solitaire dans le cadre de plongées officielles, au sein d’un club de plongée, affilié lui-même à une des fédérations subaquatiques.
Cette «discipline» de plongée en bouteille est pratique généralement pendant les sorties «épave profonde.» en reliant cette dernière au navire de plongée par la procédure de l’accrochage.
Pourquoi accrocher une épave?
Certaines épaves intéressantes et très convoitées, de la Méditerranée française se trouvent sur les grandes profondeurs (par exemple: Le Grec, Le Donator.)
Certains jours elles sont fréquentées par plusieurs bateaux de plongée et le dernier arrivant observe une liste d’attente car il n’est pas agréable de se retrouver 150, voir plus sur une épave!!! Il est impossible de jeter l’encre dans les pareilles circonstances au risque de blesser les plongeurs. D’ailleurs l’encrage à ces profondeurs est toujours complique, de plus l’encre ne tombe toujours à pic.( Sur ce dernier point méfiez vous comme même, car il m’est arrive une fois sur le Grec d’ être frôle par une gueuse seule, jetée par le responsable peu scrupuleux d’un club de plongée local)
Deuxième raison d’accrochage: protection des fonds marins (posidonies) et la préservation des infrastructures de l’épave. La dernière raison: la sécurité des plongeurs. Accrochage permet effectuer les paliers de décompression en toute sécurité et de regagner le bateau en fin de plongée. Car une remontée en pleine eau de 40 ou de 50 m peut s’avérer problématique (cela s’est déjà vu) même pour certains plongeurs autonomes,
Qui accroche??
Chaque club possède son ou ses accrocheurs. Cette tâche est surtout réservée aux plongeurs très expérimentés, souvent les moniteurs. Dans la plupart des clubs de plongée le nombre des encadrants ne jamais suffisant.!! C’est pour cette raison qu’on «délègue» donc un plongeur, parfois deux, qui de cette façon est sacrifiée comme encadrant car après accrochage les règles de sécurité ne permettent pas d’effectuer une deuxième plongée. On ne demande jamais d’accrocher à un client de passage, ce n’est pas son boulot.
Comment ça marche?
Une fois l’épave trouvée (GPS ou les alignements) l’accrocheur jète à l’eau le bout, équipé d’une gueuse de plusieurs kilos, à une extrémité, et d’une grosse bouée à l’autre. Puis s’immerge rapidement en suivant le bout, emportée par le poids de la gueuse. Une fois au fond il confectionne un nœud, ou accroche une sangle munie d’un mousqueton à tirette, sur une partie solide de l’épave.
Une règle de sécurité est convenue entre l’accrocheur et le capitaine du navire: si au bout de 4 minutes le plongeur n’a pas trouve l’épave (parfois le courant violent peut emporter la gueuse loin du site) il remonte. Sinon il effectue tranquillement sa plongée solitaire, profitant du calme subaquatique.
Si tout se passe comme prévu, (si l’accrocheur ne remonte pas aussitôt) on amarre le bateau au bout et le tour est joué. Les palanquées peuvent s’immerger.
Capacités requises pour un «accrocheur»
Parfaite forme physique et le mental d’enfer. Accrocheur doit est un peu habitué à la solitude, connaître parfaitement l’épave en question. Et bien sûr pouvoir gérer toute situation de stress. Sans oublier le matériel dans un état impeccable. Croyez-moi! Le premier accrochage vous donne les drôles d’impressions. (Cela n’empêche qu’elles sont vite remplacées par un sentiment de liberté et d’épanouissement)
Dangers et risques
Accident de décompression, quelconque défaillance de l’organisme, voir la noyade.
Ces premiers arrivent de temps en temps, surtout si l’accrocheur a passé la veuille une nuit blanche ou trop arrosée. Un des accidents de ce type est arrivé sur le Togo (63m), accident neurologique.
Autre cause des accidents est la surcharge de travail de l’accrocheur, qui rappelons le, est souvent moniteur, fait au moins 2 plongées par jour, voir plus, sans parler des baptêmes. Un accident musculaire est arrive à un moniteur hyèrois dans la station de gonflage, peu après une plongée peu profonde (il manipulait 300 bouteilles des plongée par jour.)
L’accrochage est dangereux et parfois peut tourner à la catastrophe. J’étais témoin d’un incident sur le Donator, pendant la grosse mer. Vu les circonstances ce jour les accrocheurs étaient trois (2 BEES1 et 1 MF2)) Ils ont accroche avec un fort courant puis ont effectué leur plongée. Ils se sont vite aperçus que les autres plongeurs ne se sont pas immergés. A la remontée ils ont aperçu la bouée à 20m, aspirée par un courant vertical.
Et le décrochage? Il est aussi dangereux que l’accrochage, à mon avis peut être plus. Dans le cas d’une défaillance «accrocheur a quelques chances est secouru par les autres plongeurs, qui regagnent l‘épave assez rapidement. Décrocheur, lui plonge en dernier, 10 à 15 minutes après la dernière palanquée pour être sûr que les autres plongeurs ont pratiquement fini leur plongée et ont entamé leur remontée en suivant le bout. Son inspection n’est pas évidente si, comme c’est souvent le cas pendant la période des vacances, les plongeurs d’autres navires sont présents sur l’épave.
Le décrocheur se retrouve alors seul et au moment du décrochage se retrouve emporté par le courant, en restant accroche à ce cordon ombilical qui le relie au bateau.
Alors, pour limiter les risques cette tache est souvent exécutée par la dernière palanquée, «dotée» d’un N4 au minimum.
Evolution
Depuis quelques années la procédure de l’accrochage d’une épave est de moins en moins utilise. Grâce aux efforts des centres de plongée, certaines épaves (les autres sites également) sont équipées d’un balisage ( bouée fixe avec un bout) ou d’un corps mort en béton. ( Enfin, car en Mer Rouge, par exemple pratiquement tous les sites possèdent ce dispositif écologique.)
Vive la sécurité et protection des fonds sous-marins. Une bouée et un bout valent moins que la vie d’un plongeur!!
Quelques conseils
Si toutefois on vous propose d’accrocher une épave, entraînez vous auparavant sur un site peu profonde et exigez d’être accompagné d’un autre plongeur!
Pour ceux qui plongent sur une épave «accrochée» et visitée en même moment par plusieurs navires: avant de remonter assurez vous que vous suivez un bon bout!
Piotr Packowski
























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