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Pirates

Pirates ! [Broché]
Gabriel Di Domenico

Description de l'ouvrage
Date de publication: 27 novembre 2013 | Série: Carnets de plongée
« Carnets de plongée » est une collection de livres inspirée par la série télévisée culte des passionnés du monde subaquatique. Des récits courts, fondés sur le vécu. Frissons garantis à la lecture des aventures des plus grands plongeurs, d aujourd hui et d hier, et des anecdotes les plus étonnantes ! Après le succès de Narcoses de Francis Le Guen et Trésors d Emmanuelle Levasseur, les « Carnets de plongée » vous donnent à nouveau rendez-vous sous la mer. Au programme : des géants et des pirates...

« Le corail rouge, petit, suffit pas de le pêcher à plus de 100 mètres... Le corail, il faut le vendre aux Napolitains, tu comprends ? À la mafia... »
Quand Gaby parle, en général on l écoute. Parce que son expérience est inégalable. Et parce que ses origines napolitaines forcent naturellement le respect. Sa vie de pirate au grand c ur ressemble à un roman. Voici un fascinant témoignage sur l âge d or de la plongée sous-marine, de Cousteau à la Comex, même si Gaby nous entraîne également dans les bas-fonds, les coups tordus, les eaux troubles de la pègre marseillaise. Avec ses histoires rocambolesques de Cocottes-Minute bourrées de billets de banque et cachées dans une calanque, de trafic d amphores sur fond de bordel espagnol et de belles stripteaseuses, ou encore de la découverte sous l eau des corps de deux « balances » lestés de béton, Gaby nous fait rire, nous régale, nous épate, tout simplement.


Descriptions du produit
Extrait
Cramponné sous l'eau au rocher, ballotté par le ressac, je guette. Le moindre reflet d'argent dans l'encre, le moindre tentacule... Un banc de loups approche soudain dans ma lumière. Je tire. Un loup est foudroyé et agonise au bout de ma flèche. Enfin je remonte, à bout de souffle, sous la lune...
C'était comme ça chez les pirates, à Marseille. Des heures à se geler dans l'eau noire, pour quelques kilos de poissons, de quoi nourrir sa famille. Dans le meilleur des cas... Avec toujours l'angoisse au ventre de se faire pincer par les flics. Sans compter les autres plongeurs, car nous étions plusieurs sous l'eau, chaque nuit, et on ne se faisait pas de cadeau.
J'en connaissais un, costaud, ceinture noire de karaté, méchant comme la gale. On l'appelait «Pian Pian» car il était Arménien. Il jouait souvent au poker après ses plongées et quand il perdait, il tabassait ses adversaires. Il frappait tout le monde, les laissant dans un triste état. Au bar de la marine, sur le port du quai de Rive-Neuve, je l'ai vu se battre avec trois légionnaires, pourtant baraqués, les fracasser, en prenant un pour taper sur les autres : un vrai fou furieux. Depuis qu'on l'avait vu assister à une procession mariale à l'abbaye Saint-Victor, on le surnommait également la Vierge noire.
Il avait la sale manie de sauter la femme des copains et il était tellement radin que pour ne pas payer une chambre d'hôtel, il allait chez elle accomplir son forfait !
Un jour un mari les a surpris. Au lieu de s'écraser ou de s'excuser, Pian Pian a tabassé le mari. Le temps a passé... Un soir en rentrant chez lui, Pian Pian a pris deux balles de 9 mm dans la tête et une dans le buffet. Transporté d'urgence à l'hôpital, il a survécu encore deux jours. Bien entendu, on a su qui était le flingueur. Depuis que les Chinois ont inventé la poudre, tous les hommes sont égaux. Et il faut toujours se méfier des petits qui prennent des coups et ne font pas les fous instantanément.

Je l'ai très bien connu, Pian Pian : on chassait la nuit dans les mêmes eaux. Quand on a l'oeil aiguisé, on reconnaît le faisceau de la torche du concurrent. En ce temps-là toutes nos lampes étaient bricolées. On demandait simplement que la torche soit bien focalisée afin d'éclairer l'oeil du poisson pour l'éblouir le temps de lui décocher la flèche munie d'un trident à son extrémité. Chacun inventait son système. J'avais rallongé le tube en inox de la première lampe de La Spirotechnique dite étanche, avec un tube de cuivre soudé à l'étain, pour y ajouter trois piles de plus qu'à l'origine. Elle éclairait plus fort et surtout avait une plus longue autonomie, ce qui permettait de remonter moins souvent sur un rocher pour changer les batteries.
Quand on est petit et pas costaud, il vaut mieux être un peu rusé. Chaque pirate de la chasse de nuit avait son éclairage spécifique. Le soir chez Rabinel, notre restaurateur attitré de la place Vincent-Scotto, chacun vantait la puissance de son éclairage, en projetant la lumière de ses lampes sur le mur d'en face.
Détails sur le produit

Broché: 208 pages
Editeur : GLENAT (27 novembre 2013)
Collection : Carnets de plongée
Langue : Français
Dimensions du produit: 17,8 x 13 x 1,6 cm

Type de média : Livre

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