J'arrive en retard. Les enfants sont en train de partir et mes professeurs se marrent déjà. « On ne pensait plus qu'il viendrait le petit journaliste. » Sans transition, me voilà en maillot de bain, debout sur le bord de la piscine. Il fait beau mais l'eau est froide et je ne suis pas rassuré.
« Vous allez voir, on a l'impression de voler. » Dominique, mon professeur, tente de me mettre en confiance : « C'est un peu comme faire de la chute libre sans jamais s'arrêter. » Ah oui. Tiens c'est marrant vous n'allez pas me croire mais je viens de me rappeler que je ne pouvais pas rester parce qu'il fallait que je…
Plouf. Je suis dans l'eau, avec des palmes un peu serrées, et un masque en plastique. Assis sur une marche, je tremble un peu, mais Dominique est souriant, il a de la bouteille. Cela fait des années qu'il enseigne la plongée sous-marine au club de Bergerac, il est sans doute habitué aux gringalets frileux comme des chats et téméraires comme des éponges.
Une bouteille et 200 bars
Pour la première fois de ma vie, je vais passer dix minutes dans une piscine sans remonter à la surface (mon précédent record, c'était 43 secondes, à l'Aquacap). Dominique m'accroche un attirail de plus de 20 kilos sur les épaules. « Une bouteille d'oxygène ? », je demande. « Non ! répond le professeur. C'est une bombonne d'air. Tout le monde se trompe tout le temps avec ça. »
Dans mon sac à dos aquatique, il y a 2 400 litres d'air compressés à 200 bars dans une bombonne de 12 litres. Pour les novices, cela signifie qu'à l'intérieur de ma gourde géante, la pression est équivalente à 200 kilos par centimètre carré.
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