Philippe Lenfant, maître de conférences à l'Université de Perpignan, n'en est pas revenu lui-même : les pêcheurs qui travaillent dans le périmètre du futur parc naturel marin peuvent ramener dans leurs filets, au fil du temps, jusqu'à 130 espèces de poisson différentes. « 130, alors que 160 sont répertoriées sur l'ensemble du Golfe du Lion. Nous sommes donc sur un véritable hot spot, peut-être un carrefour en terme de biodiversité », dit le chercheur du CNRS, directeur du Centre Biologie et Ecologie Tropicale et Méditerranéenne, qui a participé aux études
préalables à la création du parc, heureux que ses « recherches puissent servir une question de société ». Philippe Lenfant le reconnaît aussi : il n'a lui-même vu certains de ces poissons « que dans les bouquins ».
Il n'est pourtant pas du genre à rester enfermé dans son labo comme dans un bocal : il est certes scientifique, mais aussi plongeur. Lui et son équipe - notamment Gilles Saragoni - s'immergent une centaine de fois par an dans leur domaine de recherche privilégié : la Méditerranée. Sur son « terrain de jeu, de la falaise de Leucate à Cerbère », il étudie depuis longtemps le comportement des espèces, posant des émetteurs sur quelques spécimens, installant des balises. Le b ut : voir « comment les populations se maintiennent, se déplacent, malgré la pollution, les destructions d'habitat...»
Où l'on constate que quelques filets de protection ne sont pas inutiles.
























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