La construction d’un palace de très haut standing financée par des investisseurs étrangers devrait doper un secteur déjà en plein essor.
Djibouti reste mal connu des voyagistes. Pourtant, le pays possède tous les atouts pour devenir une destination majeure. « De la plongée sous-marine au tourisme d’aventure, de la pêche sportive aux sensations fortes du char à voile, de l’exploration géologique à l’observation ornithologique, du trekking à la découverte du monde nomade, notre offre est parmi les plus riches et les plus diversifiées, s’enthousiasme Mohamed Abdillahi Wais, le directeur de l’Office national du tourisme djiboutien (ONTD). Mais nous avons longtemps souffert d’un manque de visibilité, d’un déficit de notoriété. Nous en avons assez d’être réduits à une image de pays garnison. » Depuis son arrivée à la tête de l’ONTD, il y a un peu plus de cinq ans, ce dynamique quadragénaire a multiplié les actions ciblées, en direction des marchés émetteurs européens. En partant d’un constat pragmatique : Djibouti n’a ni les moyens ni l’ambition d’accueillir un tourisme de masse, comme la Tunisie ou le Maroc. En revanche, il peut et doit investir une multitude de niches porteuses. Avantage de cette stratégie : moins onéreuse qu’une campagne de communication et d’affichage classique, elle permet, via des actions ciblées dans la presse spécialisée et des opérations de relations publiques, de s’adresser directement à la clientèle visée, par exemple les amateurs de fonds sous-marins.
Djibouti a accueilli l’an passé 30 250 touristes. Soit 13 % de plus que l’année précédente, et presque 50 % de plus qu’en 2000. Un chiffre encore modeste, mais qui montre un frémissement. Les Français représentent 59 % des visiteurs. Ils sont suivis par les ressortissants des autres pays d’Europe, dont la part, en nette progression, est passée de 8 % à 15 % du total. Un touriste y séjourne en moyenne deux semaines. Le secteur a généré des recettes de l’ordre d’environ 1,2 milliard de francs djiboutiens (FD) en 2005. Et a bénéficié à plein de « l’effet tsunami ». La vague géante qui a semé la désolation sur les côtes indonésiennes, thaïlandaises et sri lankaises le 26 décembre 2004 a également dévasté les fonds marins. Ce qui a poussé les tour-opérateurs spécialisés dans la plongée à se tourner vers des destinations nouvelles… Djibouti, qui a renforcé ses capacités d’accueil avec la construction d’un complexe touristique et d’un centre de plongée sur l’île de Moucha, sur la côte nord, commence donc à tirer son épingle du jeu. D’autres segments encore sous-exploités, comme le tourisme géologique et l’écotourisme (voir « Profil » p. 70), ont été identifiés et devraient faire l’objet d’actions de promotion spécifiques.
























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