Envie de filmer vos plongées sans casser votre tirelire ? Sur sous-la-mer.com, découvrez comment fabriquer vous-même une platine et des accessoires pour votre GoPro : bras flottants, lestage, fixation de phare , filtres correcteurs de couleur et dragonne de sécurité. Un guide DIY complet, étape par étape, pour un rig sur mesure, fiable et parfaitement équilibré sous l'eau.
Une GoPro nue en main, c'est bien pour un plan rapide, mais dès qu'on veut filmer une plongée entière sans crampes au poignet ni bulles parasites dans le cadre, il faut un vrai support. Plutôt que d'acheter un rig complet à prix fort, il est tout à fait possible de fabriquer soi-même une platine, des bras flottants et une série d'accessoires qui rivalisent avec le matériel du commerce, pour une fraction du budget. Voici un guide complet et détaillé, pensé par et pour des plongeurs bricoleurs.
Pourquoi fabriquer son propre support GoPro plutôt que d'en acheter un ?
Les rigs vidéo vendus dans le commerce sont souvent conçus pour un usage générique : ils ne tiennent pas toujours compte de la configuration exacte de votre bloc, de votre phare , ni de votre morphologie. Se lancer dans le DIY présente plusieurs avantages concrets :
- Coût réduit : une platine en PVC ou en aluminium coûte quelques euros de matière première, contre 40 à 150 € pour un modèle du commerce équivalent.
- Personnalisation totale : longueur des bras, position des points de fixation, angle des poignées, tout est ajustable selon votre pratique (macro, grand-angle, plongée de nuit).
- Réparabilité : un bras cassé ou une vis perdue se remplace en cinq minutes avec des pièces standard trouvées en magasin de bricolage.
- Satisfaction du bricoleur : concevoir, tester en piscine, ajuster le flottage soi-même fait partie du plaisir de la plongée technique.
Le principe reste toujours le même : une platine centrale qui accueille la caméra, des bras articulés qui permettent d'orienter phares et caméra indépendamment, et un lestage ou flottage ajusté pour obtenir une flottabilité neutre ou légèrement positive de l'ensemble.
Le matériel et les outils nécessaires
Les matériaux de base
- Plaque de PVC rigide (épaisseur 5 à 8 mm) pour la platine centrale : léger, résistant à l'eau salée, facile à percer et à découper.
- Tube et raccords PVC ou plat aluminium de 20x3 mm pour les bras et poignées, selon le poids et la rigidité souhaités.
- Boulonnerie inox A4 (vis, écrous papillon, rondelles) : seule la visserie en inox marine résiste durablement à la corrosion en eau salée. Évitez l'inox A2, moins résistant au chlore.
- Mousse néoprène ou EVA pour les poignées ergonomiques.
- Flotteurs : mousse syntactique, flotteurs de bras vidéo en polyuréthane, ou à défaut des bouchons de liège compressés et vernis.
- Plomb de lest récupéré (plombs de ceinture usagés, rondelles de plomb) pour équilibrer l'ensemble.
- Joints toriques (o-rings) de rechange et graisse silicone si vous adaptez un caisson étanche.
Les outils
- Scie à métaux ou scie sauteuse pour découper le PVC/aluminium
- Perceuse avec forets à métaux (3, 4, 5 et 6 mm généralement)
- Lime et papier de verre pour ébavurer les bords coupants
- Pince à sertir ou fer à souder pour le PVC (optionnel)
- Pistolet à colle ou colle époxy bicomposant
- Mètre ruban, équerre, marqueur indélébile
Étape 1 : concevoir et découper la platine centrale
La platine est le cœur du montage : c'est elle qui reçoit la GoPro (nue ou en caisson) via une fixation standard type GoPro à 2 doigts ou un pas de vis 1/4 pouce compatible trépied.
- Découpez un rectangle de PVC rigide d'environ 15 x 8 cm, ou une forme en T selon le nombre de bras prévus.
- Percez un trou central pour la vis de fixation caméra (généralement un pas de 1/4 pouce, avec insert métallique collé pour éviter que le PVC ne se dénature avec le temps).
- Percez des trous supplémentaires de part et d'autre pour les axes des bras articulés, espacés de 4 à 5 cm pour permettre un débattement suffisant.
- Arrondissez systématiquement tous les angles vifs : sous l'eau, une arête coupante peut abîmer une combinaison ou blesser un doigt.
Astuce de bricoleur : doublez la platine avec une seconde plaque plus fine collée en sandwich pour renforcer la zone de perçage central, très sollicitée par le poids de la caméra.
Étape 2 : fabriquer les poignées
Les poignées doivent être confortables à tenir avec des gants de plongée, et suffisamment longues pour offrir un bon bras de levier lors du cadrage.
- Utilisez un tube PVC de 20 à 25 mm de diamètre, coupé à une longueur de 12 à 15 cm par poignée.
- Fixez chaque poignée à la platine via une charnière en aluminium ou un simple boulon-écrou papillon, qui permet de replier les bras pour le transport.
- Enveloppez le tube de mousse néoprène auto-adhésive ou de gaine thermorétractable épaisse pour l'adhérence et le confort en main.
- Pour une prise encore plus sûre, ajoutez des rainures ou un léger diamètre variable (plus fin au centre) qui empêche la main de glisser vers l'avant en cas de choc.
Étape 3 : les bras flottants, la clé de l'équilibrage
C'est sans doute l'étape la plus technique, mais aussi la plus gratifiante : obtenir un rig qui reste stable, ni trop lourd, ni trop flottant, dans la colonne d'eau.
Fabriquer un bras flottant maison
- Prenez un tube PVC de 20 mm de diamètre, fermé aux deux extrémités par des bouchons collés à l'époxy et rendus parfaitement étanches.
- Un tube PVC fermé de 20 cm de long et 20 mm de diamètre offre environ 60 à 70 g de flottabilité positive dans l'eau de mer, selon l'épaisseur de paroi.
- Alternative plus légère : utilisez de la mousse syntactique (mousse epoxy chargée de microbilles de verre creuses), le même matériau que celui utilisé sur les rigs professionnels, disponible en blocs à découper à la forme voulue.
- Les flotteurs commerciaux orange ou jaune peuvent aussi être détournés et re-percés pour s'adapter à votre diamètre de bras, une solution hybride pratique.
Calculer le bon dosage flottaison / lestage
- Pesez l'ensemble complet (platine + caméra + phare éventuel) hors de l'eau.
- Immergez le montage dans une bassine ou en piscine et observez son comportement : s'il coule, ajoutez des flotteurs ; s'il remonte trop vite, ajoutez du lest.
- L'objectif idéal est une flottabilité légèrement positive à neutre : le rig doit rester en place quand vous lâchez les poignées un instant, sans partir en surface ni couler vers le fond, ce qui évite la fatigue du bras sur une plongée d'une heure.
- Pour le lestage fin, utilisez des petites rondelles de plomb fixées par colliers de serrage sur les bras, faciles à retirer ou ajouter selon la configuration (caméra seule ou caméra + phare ).
Étape 4 : intégrer une fixation pour phare ou lampe vidéo
Un phare de plongée bien positionné change radicalement la qualité des couleurs captées sous l'eau, en particulier au-delà de 5 mètres où le rouge disparaît rapidement.
- Ajoutez un second axe de bras sur la platine, ou une extension en Y à l'extrémité du bras existant, pour recevoir le phare indépendamment de la caméra.
- Utilisez un collier de fixation réglable (type collier de serrage plastique renforcé ou pince photo articulée) qui permet d'orienter le faisceau indépendamment du cadrage.
- Prévoyez un angle d'environ 30 à 45° par rapport à l'axe de la caméra pour limiter le rétroéclairage des particules en suspension (effet de neige/backscatter) qui gâche de nombreuses vidéos amateurs.
- Si vous utilisez deux phares, montez-les symétriquement de part et d'autre de la caméra pour un éclairage homogène, en particulier utile en macro.
Étape 5 : les filtres correcteurs de couleur
Sans filtre, les vidéos tournées en dessous de 5-6 mètres virent rapidement au bleu-vert uniforme. Un filtre correcteur, placé devant l'objectif, rétablit une balance des couleurs plus naturelle sans lumière artificielle.
- Filtre rouge/magenta pour la plongée en pleine eau et en mer, à utiliser jusqu'à 15-20 mètres environ.
- Filtre orange, plus doux, adapté aux eaux tropicales claires et peu profondes.
- Fabrication DIY : découpez un morceau de gélatine de filtre photo (ou un filtre de plongée déjà découpé) à la forme du hublot de votre caisson, et fixez-le avec un cadre-cerclage imprimé en 3D ou un simple anneau de PVC souple qui vient clipser par-dessus l'objectif.
- Alternative économique : un adaptateur de filtre à baïonnette récupéré sur un ancien caisson compatible se réutilise facilement sur une monture maison.
- Pensez à retirer le filtre dès que vous rallumez le phare vidéo ou en dessous de 3 mètres : la couleur artificielle du filtre combinée à la lumière du phare donnerait alors une dominante trop marquée.
Étanchéité et entretien du caisson
Si votre GoPro récente (Hero 11 et suivantes) est nativement étanche jusqu'à 10 mètres, un caisson renforcé reste indispensable au-delà, ou pour sécuriser un modèle plus ancien.
- Avant chaque plongée, inspectez le joint torique : retirez-le entièrement, vérifiez l'absence de sable, cheveux ou fibres, et graissez-le avec une fine couche de graisse silicone spécifique (jamais de graisse ou vaseline classique, qui attaque le caoutchouc).
- Faites un test à sec en fermant le caisson vide et en le pressant légèrement pour vérifier l'absence de bruit d'air qui trahirait un mauvais positionnement du joint.
- Utilisez systématiquement un sachet dessicant (silica gel) à l'intérieur du caisson pour éviter la buée liée à l'humidité résiduelle.
- Après chaque plongée, rincez l'ensemble du rig à l'eau douce, bras, articulations et platine compris, en actionnant les charnières sous l'eau claire pour déloger le sel des interstices.
- Laissez sécher à l'ombre, jamais en plein soleil, ce qui accélère le vieillissement du PVC et du caoutchouc.
- Stockez le caisson entrouvert (jamais fermé hermétiquement) entre deux sorties pour préserver l'élasticité du joint.
Étape 6 : les tests en piscine avant la mise à l'eau réelle
Ne validez jamais un montage DIY directement en mer. La piscine permet de tester en toute sécurité, en eau claire, peu profonde et contrôlée.
- Test d'étanchéité : immergez le caisson fermé (vide, sans caméra) pendant 10 à 15 minutes à faible profondeur avant tout premier usage avec la caméra à l'intérieur.
- Test de flottabilité : validez le réglage flotteurs/lest en conditions réelles, avec la combinaison portée et les gants habituels, la préhension change la perception de l'équilibre.
- Test de solidité mécanique : simulez un choc léger contre le mur du bassin ou une manipulation brusque pour vérifier qu'aucune vis ne se desserre.
- Test de prise en main : filmez-vous en nageant sur quelques longueurs pour vérifier l'absence de vibrations, de bruit de bras qui cogne, et le confort des poignées sur la durée.
Sécurité : dragonne, mousquetons et bonnes pratiques
Un rig DIY qui coule au fond ou qui se détache pendant la plongée est plus qu'une simple contrariété : un objet perdu en profondeur est aussi un déchet potentiellement dangereux pour la faune.
- Dragonne poignet : fixez systématiquement une dragonne réglable en cordage ou sangle nylon sur au moins une des poignées, pour éviter la perte du rig en cas de lâcher accidentel.
- Mousqueton inox à vis : reliez le rig à votre gilet stabilisateur (BCD) par un mousqueton à verrouillage, en particulier lors des phases de descente, de palier ou de manipulation d'autre matériel où vous devez lâcher les mains.
- Longe courte (leash) d'environ 30 à 50 cm entre le mousqueton et le rig : assez courte pour ne pas s'accrocher dans une grotte ou une épave, assez longue pour filmer sans contrainte.
- Évitez tout élastique ou cordage extensible seul comme unique attache : privilégiez toujours une fixation rigide doublée d'une sécurité souple.
- Vérifiez avant chaque plongée que tous les boulons papillon sont serrés à la main fermement, sans outil, pour éviter le sur-serrage qui fragilise le PVC à la longue.
Entretien général et durée de vie du montage
- Contrôlez la boulonnerie inox tous les 5 à 10 plongées : même l'inox marine peut légèrement se corroder aux points de frottement.
- Remplacez les flotteurs syntactiques dès qu'ils montrent des signes de fissure ou de perte de volume, ce qui indique une infiltration d'eau et une perte progressive de flottabilité.
- Repeignez ou revernissez les pièces en PVC exposées au soleil une fois par an pour limiter le jaunissement et la fragilisation aux UV.
- Conservez toujours un kit de rechange (joints toriques, vis inox, écrous papillon) dans votre sac de plongée : ces petites pièces se perdent facilement en bateau.
Budget indicatif d'un montage DIY complet
- Platine PVC + boulonnerie inox : environ 10 à 15 €
- Bras et poignées (PVC ou alu) : environ 15 à 25 €
- Flotteurs (mousse syntactique ou récupération) : 10 à 30 € selon la source
- Filtres correcteurs de couleur DIY : 5 à 15 €
- Dragonne et mousqueton inox : 10 à 15 €
Pour un total généralement compris entre 50 et 100 €, contre 150 à 300 € pour un rig complet équivalent acheté neuf dans le commerce, phares professionnels non compris.
Conclusion
Fabriquer son propre support GoPro n'est pas seulement une économie : c'est l'assurance d'un matériel parfaitement adapté à votre pratique, réparable en toute autonomie, et évolutif au fil de vos envies (ajout d'un second phare , changement de caméra, nouveau filtre). Prenez le temps de bien tester chaque étape en piscine avant la première sortie en mer, et votre rig maison vous accompagnera durant de nombreuses saisons de plongée.
Foire aux questions
Quel diamètre de tube PVC choisir pour les bras flottants ?
Un diamètre de 20 à 25 mm constitue le meilleur compromis entre rigidité, poids et flottabilité pour un bras d'environ 15 à 20 cm de long. En dessous de 20 mm, le tube manque de rigidité ; au-dessus de 25 mm, l'ensemble devient trop volumineux à manipuler en plongée.
Comment savoir si mon rig DIY est bien équilibré ?
Immergez l'ensemble complet, caméra et phare montés, et lâchez les poignées quelques secondes : un rig bien équilibré doit rester quasiment immobile, sans remonter ni couler rapidement. Ajustez ensuite avec de petits ajouts de flotteurs ou de plomb jusqu'à obtenir cette stabilité.
Quelle boulonnerie utiliser pour éviter la corrosion en mer ?
Privilégiez systématiquement l'inox marine A4 (aussi appelé 316), plus résistant au chlorure que l'inox A2 standard utilisé en intérieur. Rincez la visserie à l'eau douce après chaque sortie et contrôlez son serrage régulièrement.
Faut-il un caisson étanche si ma GoPro est déjà étanche de série ?
Les GoPro récentes sont étanches jusqu'à environ 10 mètres sans caisson. Au-delà de cette profondeur, ou pour sécuriser un modèle plus ancien, un caisson renforcé reste nécessaire pour éviter tout risque d'infiltration lié à l'usure des joints internes de la caméra.
Quand utiliser un filtre correcteur de couleur plutôt qu'un phare vidéo ?
Le filtre est utile en lumière naturelle, en général entre 5 et 20 mètres de profondeur, quand vous filmez sans éclairage artificiel. Dès que vous allumez un phare vidéo ou en dessous de 3 mètres, retirez le filtre pour éviter une dominante de couleur excessive.
Comment sécuriser mon rig DIY pour éviter de le perdre pendant la plongée ?
Associez toujours une dragonne poignet réglable à une longe courte reliée par mousqueton inox à verrouillage sur votre gilet stabilisateur . Cette double sécurité évite la perte du matériel en cas de lâcher accidentel ou de manipulation d'un autre équipement.
























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