1ère partie
Ce texte est la version raccourcie de mon dossier consacré au mérou brun, paru dans le n°1 de BIO SOUS-MARINE. En 2001.
Vu son tirage limitéj’ai trouvé utile de le partager avec les plongeurs sur le site, la rencontre avec un mérou reste pour la plupart d’eux un grand moment d’émotion. Je peux envoyer la version complète (scanné) + la documentation scientifique avec les photos à ceux qui ce sujet intéresse. Le dossier complet contient le reportage au sujet d’un petit mérou tué par un braconnier aux 3 Pointes, près de Porquerolles, l’interview avec Philippe Robert, Président du Groupe d’Etude du Mérou (GEM), ainsi que la réaction de Michel Cantou, actuel Président de la Commission de Pêche Sous-Marine et de Plongée en Apnée de la FFESSM et vice-Président du GEM.
Ce dossier a été inspiré par l’étude de Patrick Louisy"Principaux patrons de coloration du mérou brun".

DOCTOR EPINEPHELUS ET MISTER MARGINATUS?
Demain, peut être, vous aussi, vous aurez la chance de le voir surgir d’une faille ou d’une épave, beau et impressionnant comme un gros porteur au décollage, avec son corps ovale et ramassé, sa gueule, ses mâchoires disproportionnées et sa nageoire dorsale en «épines armées»
Vous l’avez deviné, il s’agit bien du Roi de Méditerranée, du Mérou Brun. Protégé en France par son immunité subaquatique, il est très convoité par les chasseurs d’ailleurs. Les plongeurs en bouteille lui témoignent par contre, depuis plusieurs années, une dévotion mystérieuse. Les uns (scientifiques)lui consacrent des journées entières pour compter le nombre de ses spécimens, les autres (plongeurs) ressentent toujours un sentiment d’inassouvissement. Soyez attentifs: le mérou n’est jamais le même.
Fausse identité?
Suite à une erreur scientifique (concernant la provenance d’échantillons du poisson qui servit à Linné pour la première description d’espèce sous un nom Epinephelus Guaza) pendant 233 ans le mérou brun sillonnait les cotes de la Méditerranée sous une fausse identité. Il fallut attendre 1991 pour qu’il soit rebaptisé en Epinephelus Marginatus (Lowe, 1834)
Que signifie ce nom latin? Tout d’abord Epinephelus veut dire, «avec les nuages dessus» (marque caractéristique et commune à toutes les espèces du genre, plus de 100. La deuxième partie du nom peut être traduite ainsi: «avec une marge blanche autour des nageoires»
Pourquoi donc: le mérou brun en français? Pourquoi pas le mérou nébuleux ou nuageux? Certes, les signes distinctifs de l’espèce n’ont pas été retenus pour le choix du nom français. Le mérou brun n’ayant aucun rapport avec avec l’appellation latine. Mais ce n’est pas pour autant qu’il soit un nom arbitraire, car il fait référence à la couleur dominante du poisson en question (brun foncé) et suit les différents synonymes francophones d’espèce: mérou noir, mérou sombre ou cabot noir. Qu’on le veuille ou non, depuis 1991 le mérou brun n’est plus un sans papiers et possède bien sa nouvelle carte d’identité, transparence linguistique oblige.
La double vie de Madame Epinephelus Marginatus
Le saviez-vous? Le mérou brun change de sexe. En effet ce poisson est hermaphrodite protogyne, c’est à dire qu’il change de sexe au cours de son existence. A 5 ans (40cm environ) il devient femelle reproductrice, pour se transformer ensuite en mâle entre 9 et 12 ans (60cm environ). Ces fourchettes d’age sont variables selon les individus. Là-dessus les avis des scientifiques sont très partagés. L’inversion sexuelle n’est pas une règle absolue, elle dépend aussi de la morphologie du groupe et parfois elle ne survient jamais. Toutefois si elle se produit, le mérou restera mâle jusqu’à la fin de ses jours.
Piotr Packowski (foxvideo)























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