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Les plongeurs au secours des surfeurs

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"Se réapproprier l'océan pour désacraliser la peur du requin". Voici en substance le message qu'a voulu faire passer ce matin à Saint-Gilles le champion d'apnée Frédéric Buyle. Malgré une campagne dont son compère, William Winram, et lui reviennent bredouilles, ils évoquent calmement trois semaines d'expérimentation constructive.

Frédéric Buyle et William Winram repartent ce soir. Derrière eux, les deux apnéistes ne laissent pas de marquage sur un squale mais une somme d'expériences qui pourra servir localement.

Sur les trois semaines de leur présence sur l'île, ils sont sortis en mer à 17 reprises. "Nous n'avons pas plongé deux jours", résume Frédéric Buyle, déjà un exploit en soi. Sans surprise, les zones de mise à l'eau se sont étendues de la baie de Saint-Paul à l'Ermitage, avec malgré tout des prédilections pour la zone en sortie de port de Saint-Gilles et celle de la baie de Saint-Paul (sept sorties chacune). "Le premier jour, nous avons vu un requin bouledogue devant la plage des Roches Noires", explique l'apnéiste. En tout, sept visions, toujours distante de 12 à 15 mètres, ont été faites dans les eaux saint-gilloises. En baie de Saint-Paul, le spécialiste se dit étonné de n'avoir observé qu'un requin bouledogue "alors même que l'on m'avait dit 'attention, près de la cage (comprendre la ferme aquacole, ndlr), il y aura beaucoup de requins'".

Malgré ces quelques observations faites "entre 300 et 800m du rivage", il reste catégorique : "il s'agit à chaque fois de rencontres furtives, 2 ou 3 secondes, pas plus !". Aucun requin tigre n'a par ailleurs été détecté. Autre fait marquant sur lequel les deux apnéistes se mettent d'accord, la pauvreté en ressource poissonneuse, "du moins par là où on est passé, au-delà, on ne saurait pas dire".

Sur la conduction de cette opération inédite dans les eaux réunionnaises, il n'hésite pas à donner son sentiment concernant la frilosité de l'administration. "Je suis belge, j'ai la chance de voyager beaucoup dans le monde et à chaque fois on me donne carte blanche pour effectuer de telles opérations", précise-t-il. Entre la possibilité de sillonner dans la Réserve marine et l'utilisation d'appâts, les deux spécialistes ont ainsi été confrontés à "un climat passionnel" qui "n'a pas rendu le travail facile". C'est simple dit-il "personne, aucune autorité ne souhaite prendre le risque de prendre une décision. Je trouve par ailleurs ridicule de vouloir toujours trouver des coupables lorsque des attaques ont lieu, tout comme je ne comprends pas qu'on rende responsable un maire pour cela. En France, on veut trouver un coupable à tout prix. En Afrique du Sud ou en Australie, les autorités informent les gens qui décident ou pas d'aller à l'eau".



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