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Les récifs coralliens

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Dans cet article, nous allons passer en revue la biologie et les diverses caractéristiques de l’ensemble des coraux durs ainsi que les milieux où ils prospèrent. Je pense qu’il est relativement intéressant de connaître d’un peu plus près ces animaux.



Les récifs de corail

Sous le nom de corail nous désignons dans le langage courant tous les êtres vivants des mers chaudes dont le squelette calcaire constitue les récifs. En fait les biologistes appellent ces organismes les madréporaires, sous-groupe des anthozoaires.


Biologie et caractéristique des Coraux.

Les coraux sont des organismes simples et primitifs. Ils sont constitués d'un ou plusieurs polypes. Ces polypes sont capables de sécréter le squelette calcaire qui les entoure. Ils construisent ainsi le récif. Le polype est en fait une anémone au fond de son alvéole calcaire, le calice. Ce corps est une vésicule simple, contractile à doubles parois (endoderme et ectoderme) qui s'ouvre sur l'extérieur par un seul orifice, qui joue le rôle de bouche et d'anus. La paroi interne tapisse la cavité gastrovasculaire où s'effectue la digestion. La cavité gastrovasculaire est divisée par des replis membraneux (les mésentères). Cette cavité se prolonge vers le haut par une sorte d'œsophage ou stomodeum qui s'ouvre sur la bouche. Autour de celle-ci, les tentacules sont disposées en couronne régulière, le disque oral. La cavité gastrovasculaire est divisée par des cloisons verticales. La mésoglée, située entre l'endoderme et l'ectoderme, est un tissu de soutien de l'organisme renfermant les cellules sexuelles et les desmocytes qui permettent d'accrocher le polype à son squelette. Le polype d'un corail colonial n'est pas isolé mais relié par les coenosarques parsemés de canaux qui permettent aux cavités gastrovasculaires de toute la colonie de communiquer entre-elles.



L'ectoderme et le cœnosarque sécrètent le calice d'où partent des lames calcaires verticales rayonnantes, les septes. Au centre de ce calice s'élève une petite colonne de calcaire appelée columelle à laquelle s'attachent les septes. Les cloisons calcaires sont reliées entre-elles par des lamelles horizontales ou planchers épithèques qui supportent le polype. Ce plancher composé de carbonate de calcium sous forme de fibres d'argonite, de carbonate de magnésium et de phosphate de calcium se soulève périodiquement et permet au polype d'accroître son squelette. Le squelette ou polypier est formé de plusieurs polypiérites chez les espèces coloniales. Un polypiérite est composé par le plateau basal et la muraille qui délimitent une cavité, le lumen. Le calice correspond à la partie supérieure du polypiérite.


La nutrition des coraux

Les coraux sont carnivores, ils se nourrissent de zooplancton. Ils capturent et paralysent leurs proies à l’aide de cellules urticantes (cnidoblastes) contenues dans les tentacules dont les mouvements dirigent la nourriture vers la bouche. L'orifice buccal sécrète un mucus qui enrobe les proies. Elles sont ensuite avalées puis digérées par la cavité gastrovasculaire. Ils se nourrissent en phase nocturne quand le plancton monte à la surface de la mer. Dans la journée, ils sont rétractés dans leurs calices. Les cnidoblastes sont des cellules spécialisées dans la défense ou la capture de proies. Elles contiennent une capsule remplie d’un liquide venimeux. À la surface du cnidoblaste se trouve un petit cil tactile (cnidocil), dont l'excitation provoque l'ouverture de la capsule, la détente brusque du liquide et l'expulsion du filament urticant. Si un animal touche un cnidocil, il est immédiatement harponné. Si les polypes sont capables de capturer des proies, l'essentiel de leur alimentation se fait grâce à des algues microscopiques unicellulaires (zooxanthelles). Elles vivent grâce à l'assimilation chlorophyllienne et élaborent des hydrates de carbones (sucres) à partir du dioxyde de carbone dissous dans l'eau de mer. Ces sucres seront ensuite utilisés par les coraux comme source d'énergie. Des calculs prouveraient que 70 % de l’alimentation viendrait de ces zooxanthelles ! C'est une véritable symbiose. Elles jouent un grand rôle sur leur métabolisme et dans la calcification.

Les SPS doivent leurs couleurs éclatantes à deux éléments : leurs propres pigments et ceux des zooxanthelles. Ce sont les pigments de celles-ci qui sont responsables de la fluorescence des coraux, en fait ils restituent dans l'obscurité les U.V. accumulés au cours de la journée.


Reproduction et développement.

Mode de reproduction.

Les coraux sont en général hermaphrodites. Les produits génitaux sont émis dans la cavité gastro-vasculaire, lieu de fécondation. L'œuf reste dans le polype jusqu'à ce qu'il devienne une larve ciliée appelée Planula. Elle est expulsée de la cavité et se lie au plancton pour mener une vie libre. La vie larvaire est souvent courte, de 24 heures à quelques jours. Pendant ce temps, la larve s'éloigne de la colonie mère et se fixe sur un nouveau support.




Période de reproduction.

Les périodes de reproduction sont complètement variables d'une espèce à l'autre. Pour certaines espèces, la reproduction a lieu à n'importe quel moment de l'année. Certains Madréporaires (Favia) se reproduisent 3 ou 4 semaines par an, tandis que d'autres subissent l'influence de la lune par son action sur la marée.


Les coraux et leur milieu.

La croissance des coraux varie avec la forme et la structure du squelette. Les coraux à squelette branchu (Acropora dans le pacifique : 30mm/an) se développent plus rapidement que les coraux à squelette compact (Porites : 17mm/an). Les coraux vivent en général fixés sur un support solide. Certains choisissent des supports mouvants tel que le sable ou la vase, et d'autres se déplacent lentement par contraction du polype (Fungia). Association peu banale, Heteropsammia abrite un vers parasite (Aspidosiphon) dans sa partie inférieure et se déplace avec lui.


Les différents facteurs physico-chimiques :

La salinité.

Les coraux acceptent des salinités plutôt élevées, jusqu'à 40 pour mille en Mer Rouge. La moyenne va de 36 à 40.


La température.

Les formes récifales ne supportent pas des températures inférieures à 18°C. Les coraux vivent dans les couches superficielles des mers tropicales, leur température optimale de développement se situe entre 22 et 29°C.


Les courants.

Les Acropora qui vivent au calme des lagons présentent des branches fines et ramifiées alors que ceux qui vivent sur les platiers récifaux soumis à la houle ont des rameaux plus courts, plus épais pour résister à l'assaut des vagues. La direction des courants marins a une influence aussi, les branches s'orientent dans le sens des mouvements de l'eau.


Formation corallienne et leur répartition.

Les coraux sont très exigeants sur les conditions de leur milieu, comme décris ci-dessus, ils recherchent lumière et chaleur, et ils vivent entre la surface et 45 mètres de profondeur. C'est pourquoi ils sont localisés dans les zones tropicales, principalement entre 32° de latitude Nord et 30° de latitude Sud.


L’évolution des récifs

Un récif est une construction complexe édifiée essentiellement par les coraux. Il prend appui sur le fond et croît vers le haut, à la limite des basses mers.


Du récif frangeant à l’atoll



Selon les théories de Darwin et de Daly, les premiers récifs à se mettre en place sont les récifs frangeants qui évoluent au cours du temps jusqu’à former des atolls. Les mécanismes de leur formation s’expliquent à la fois par l’enfoncement d’une île et par les variations climatiques du niveau de la mer.


Le récif frangeant

Il s'appuie sur un littoral non corallien et se trouve séparé de la côte par un canal appelé chenal d'embarcation. Les débris de coraux alimentent les plages calcaires.
Ce type de récif est fréquent en mer Rouge.


Le récif-barrière

Contrairement au récif ci-dessus, le récif-barrière est séparé de la côte par un lagon, et coupé par des passes. Ce récif est éloigné de la côte, parfois de plusieurs kilomètres. En coupe transversale, ils présentent une parois externe très verticalisée, et une pente interne douce et un sommet plus ou moins plan. Des pinacles coralliens apparaissent dans le lagon. À l'intérieur du récif-barrière d'autres récifs semblables peuvent se développer. Sur la pente externe, il existe une zonation marquée des communautés avec la profondeur, en raison du fort gradient d'éclairement et d'hydrodynamisme. C'est sur la pente externe que les coraux sont les plus abondants et les plus diversifiés.

Ce récif se rencontre dans le nord de la Grande Barrière de corail au large de l’Australie.


Le récif annulaire (atoll)

Récif en anneau généralement au large, il entoure de tous côtés un lagon intérieur aux eaux calmes. Les pentes extérieures du récif sont raides, s’enfonçant parfois à plusieurs centaines de mètres, tandis que la profondeur du lagon est relativement faible. La couronne corallienne d'un atoll comprend, de l'extérieur vers l'intérieur :

- un récif formé d'une crête à algues (Porolithon, Lithophyllum, Jania), où les coraux constituent des colonies encroûtantes de petite taille car les vagues déferlantes viennent se briser à ce niveau et empêchent la croissance normale de ces organismes

- Un platier récifal où les algues prolifèrent et les coraux sont nombreux.

- Ils se prolongent par un récif intérieur, qui s'enfonce progressivement dans le lagon. Les algues et les coraux sont nombreux (Montipora, Cyphastrea, Astreopora, Acropora, Platygyra, Favia, Leptastrea et Porites) et servent d'abris à une importante ichtyo faune. L’intérieur des atolls est souvent parsemé de pinacles coralliens.
Les atolls les plus nombreux sont ceux des îles du Pacifique.

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