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Maurice Pequeur, un pionnier de la plongée

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À 84 ans, Maurice Pequeur est interdit de palmes et de bouteilles. Définitivement. Ce n'est pourtant pas l'envie de replonger qui lui manque. Simplement l'autorisation médicale. Récemment médaillé pour ses 50 années passées à admirer les fonds marins, le retraité, domicilié à Wimille, se souvient avec émotion de ses débuts sous l'eau, quand l'inconscience de la jeunesse l'emportait sur la raison.

PAR SYLVAIN LIRON

[email protected] PHOTO « LA VOIX »

C'est une histoire d'amour qui démarre par un grain de sable. « Je me marie en 1950 et nous partons en vacances à Calais. En sortant de l'eau, j'ai les yeux qui piquent à cause du sable. Sur le chemin du retour, dans un magasin de sport, je trouve un masque de plongée et je me dis : c'est ça qu'il me faut. » Bon, dans l'eau calaisienne, Maurice Pequeur n'est pas franchement emballé par les fonds marins qu'il découvre mais sa soeur lui conseille de tester la Méditerranée. L'année suivante, direction Sanary dans le Var. En voyant de beaux poissons lui échapper, il se met en tête de les poursuivre sous l'eau. La plongée en tant que telle est un sport méconnu après-guerre. Tel un Monsieur Jourdain, il pratique en fait sans le savoir.
 
Il se lance dans l'aventure, en autodidacte absolu. « Je faisais des bêtises, je descendais en apnée et forcément, j'avais mal aux oreilles en remontant. Mais j'avais beau chercher des livres, ça n'existait pas à l'époque. On ressemblait à des hommes grenouilles, les gens étaient surpris. » Quand il rentre chez lui dans le Nord, il continue à s'entraîner à l'apnée. Tout en travaillant. Quelques années plus tard, devenu moniteur, cette petite manie lui sauvera la vie. « C'est la seule fois où j'ai vraiment été inquiet. J'encadrais un petit groupe et l'un des stagiaires a cassé son détendeur . Je lui ai passé le mien pour qu'on partage l'oxygène. Sauf que lui, paniqué, ne me l'a jamais rendu. J'ai remonté 37 mètres sans air.



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