Il fallait peut-être un grain de folie pour partir sur la piste du coelacanthe, un poisson préhistorique dont l’espèce est vieille de soixante millions d’années, niché dans les grandes profondeurs. Filmé pour la première fois via un sous-marin en 1985, ce spécimen n’avait encore jamais été approché par des plongeurs.
Laurent Ballesta et son équipe ont pourtant relevé le défi pour « Ushuaïa Nature ». Pour le numéro consacré ce soir au canal du Mozambique, le biologiste marin est descendu jusqu’à 120 m de fond et a filmé le poisson mythique au large de l’Afrique du Sud.
« On a mis plus de dix ans à mettre au point de quoi effectuer ce genre de plongée avec un scaphandre recycleur à circuit fermé qui permet d’être autonome et discret, raconte le spécialiste des immersions profondes. Il faut aussi un bon entraînement : être dans l’eau tous les jours, courir, faire de la gym. » Son face-à-face avec le coelacanthe ? « C’était un fantasme, avoue-t-il. Ce poisson constitue la plus grande découverte zoologique du XXe siècle ! Il est rare (NDLR : il en existerait 1 000 au plus dans le monde), inaccessible car il vit à plus de 100m de fond et tient une place particulière dans l’évolution. C’est un animal charnière entre la vie aquatique et terrestre. »
Il faudra plusieurs mois d’approche pour obtenir les autorisations de plonger, en janvier dernier. « Je n’avais jamais mené d’expéditions aussi stressantes, assure le biologiste marin. Le principal danger, c’est l’accident de décompression. Quand on est resté trente-quatre minutes au fond, il nous a fallu cinq heures trente avant de sortir de l’eau ! Il y avait la houle, les courants, les requins…























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