Ils sont pompiers de profession. Mais la spécialité qu'ils ont choisie, c'est la plongée. Reportage à Barges, près de Tournai, où les pompiers plongeurs du Nord s'entraînent en eaux troubles.
Ce jour-là, cinq plongeurs s'entraînent à Barges. Il leur a fallu une vingtaine de minutes pour rejoindre depuis Lille ces anciennes carrières belges. Deux d'entre eux s'équipent des pieds à la tête. Et hop : ils plongent dans l'immense lac d'eau froide, surveillés par deux coéquipiers en combinaison . Eux chronomètrent le départ, l'arrivée, les paliers effectués par les camarades disparus sous l'eau : c'est parti pour une demi-heure d'immersion.
Ce qui est intéressant dans ce type d'exercice, « c'est principalement les conditions. À 40 mètres, il fait 3 à 4 degrés et surtout c'est le noir total. On est désorienté, on a du mal à se repérer dans l'espace, on perd tous nos repères. En fait, on perd l'équilibre des yeux, des pieds et des oreilles », explique Olivier Delebarre, leur chef et responsable de la spécialité plongée pour le Nord. Puisqu'il ne reste rien pour se situer dans l'espace, il faudra toucher un mur ou le fond de l'eau, ou alors se donner la main pour s'orienter. Après une demi-heure d'immersion, le corps de ces hommes palmés ressemble « à une bouteille de coca : il a inspiré de l'air sous pression ». Alors pour remonter, il faut y aller mollo, palier par palier, et sans précipitation, « sinon c'est l'accident ».
Ne pas céder à la panique
C'est une drôle de spécialité que d'être plongeur chez les pompiers. On se fait vacciner contre la leptospirose (autrement appelée « maladie du rat »). On peut aussi se retrouver coincé sous l'eau : un plongeur, par exemple, raconte qu'il s'est retrouvé bloqué dans un chariot de supermarché. Il précise que « dans ce cas, il ne faut surtout pas paniquer », mais continuer à respirer de façon régulière dans ce détendeur qui vous rentre dans la bouche et qui vous empêche pourtant de respirer normalement...
























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