L'accident de décompression (ADD) est la hantise de tout plongeur, du débutant au moniteur. Comprendre les mécanismes physiologiques de la dissolution de l'azote et identifier les facteurs de risque personnels est essentiel pour une pratique sereine. Ce guide médical complet de sous-la-mer.com vous explique comment minimiser les risques, reconnaître les symptômes et réagir efficacement en cas d'urgence hyperbare.
La loi d'Henry et la saturation des tissus
Pour comprendre l'ADD, il faut revenir à la base de la physique : la loi d'Henry. À mesure que la pression augmente avec la profondeur, l'azote contenu dans l'air que vous respirez se dissout dans votre sang et vos tissus. Lors de la remontée, la pression diminue et cet azote doit être évacué par les poumons. Si la remontée est trop rapide ou si les paliers ne sont pas respectés, l'azote repasse à l'état gazeux sous forme de bulles dans l'organisme, provoquant des lésions tissulaires ou des embolies gazeuses.
Les facteurs favorisants : au-delà de l' ordinateur
Même en respectant scrupuleusement son ordinateur de plongée, un accident peut survenir à cause de facteurs physiologiques individuels souvent sous-estimés :
- La déshydratation : C'est le facteur numéro 1. Un sang trop visqueux évacue moins bien l'azote. Buvez de l'eau avant et après chaque immersion.
- La fatigue et le stress : Un organisme épuisé gère moins bien les échanges gazeux.
- Le froid : La vasoconstriction en fin de plongée freine la désaturation des tissus périphériques.
- L'âge et l'IMC : Le tissu adipeux (graisse) stocke davantage d'azote et le libère plus lentement que le muscle.
- Le Foramen Ovale Perméable (FOP) : Une petite communication entre les deux oreillettes du cœur qui peut laisser passer des bulles directement dans la circulation artérielle.
Comment reconnaître les symptômes d'un ADD ?
Les signes cliniques peuvent apparaître immédiatement ou jusqu'à 24 heures après la sortie de l'eau. On distingue deux types :
- L'ADD de type I (bénin) : Douleurs articulaires (bends), démangeaisons cutanées (puces) ou taches rouges (moutons).
- L'ADD de type II (grave) : Troubles neurologiques (fourmillements, paralysie), vertiges, essoufflement ou fatigue extrême inexpliquée.
Les 5 règles d'or de la prévention sur sous-la-mer.com
La sécurité en plongée n'est pas qu'une question de technique, c'est une hygiène de vie. Voici comment réduire drastiquement vos risques :
1. L'hydratation systématique : Buvez au moins 1,5 litre d'eau par jour de plongée. Évitez l'alcool qui favorise la déshydratation.
2. La règle du "No-Fly" : Respectez impérativement un délai de 12 à 24 heures avant de prendre l'avion ou de monter en altitude après une plongée.
3. Le profil de plongée : Évitez les profils "inversés" (faire la plongée la plus profonde l'après-midi) et les remontées "yo-yo".
4. Le sport après la plongée : Tout effort physique violent après l'immersion peut favoriser le passage de bulles de gaz dans le sang.
5. Le Nitrox : Plonger au Nitrox avec des réglages "Air" sur votre ordinateur offre une marge de sécurité thermique et physiologique considérable.
Foire Aux Questions (FAQ) Médicale
Que faire si je soupçonne un accident de décompression ?
La réaction doit être immédiate : mise sous oxygène normobare (15L/min), hydratation (eau plate uniquement si conscient), et appel des secours spécialisés (CROSS ou 112) pour un transfert vers un caisson hyperbare.
Le café est-il déconseillé avant de plonger ?
Le café est un diurétique qui favorise la déshydratation. Une tasse ne pose pas de problème, mais une consommation excessive augmente le risque d'accident de décompression.
Peut-on plonger après avoir eu un ADD ?
Oui, mais seulement après un avis favorable d'un médecin fédéral ou hyperbare. Une batterie d'examens (notamment la recherche d'un FOP) est généralement exigée avant la reprise.
























0 commentaire