À l’occasion de la Semaine européenne des requins, organisée par des ONG, le plongeur et photographe Patrice Héraud, lors d’une conférence à l'Aquarium de La Rochelle, dimanche 16 octobre, a présenté le grand requin blanc sous un jour réaliste, bien loin des clichés d’Hollywood.
Filmé pour la première fois en 1965 seulement, encore méconnu, notamment en termes d’effectifs mondiaux, le grand requin blanc traîne encore et toujours une réputation de monstre sanguinaire. C’est pour mieux le faire connaître au public que Patrice Héraud, qui l’a filmé en milieu naturel depuis 20 ans, a parlé de cet animal menacé à l’occasion d’une conférence à l'Aquarium de La Rochelle, dans le cadre d’un évènement organisé à l’initiative de plusieurs ONG, la Semaine européenne des requins.
"Je ne suis pas un scientifique", a t-il ainsi précisé, "ce que je peux raconter, ce sont les centaines d'heures passées auprès de cet animal". Et pour cause, Patrice Héraud a photographié le squale à de nombreuse reprises en Afrique du Sud et en Australie, par 20 à 40 mètres de fond, parfois même hors cage de protection
Une opération de marquage de requins à l'aide de balises acoustiques va être lancée à compter de mardi à la Réunion dans le cadre d'un vaste programme scientifique visant à mieux connaître leurs moeurs et prévenir les attaques, parfois mortelles, qui se sont multipliées cette année, a annoncé la préfecture.
"On a besoin de comprendre ce qui se passe avec des méthodes scientifiques. L'objectif est de permettre de mieux gérer le risque requin et de prévenir des attaques qui ont atteint le niveau le plus élevé depuis 30 ans, qui plus est, dans des lieux où il n'y en avait pas", a déclaré le sous-préfet de Saint-Paul, Thomas Campeaux, lors d'un point-presse.
Cinq attaques de requins ayant entraîné la mort de deux surfeurs ont eu lieu depuis le début de l'année à Saint-Gilles, la zone balnéaire la plus touristique de l'île (ouest) où les deux principales plages, Boucan Canot et Roches noires, demeurent fermées.
L'opération de marquage se déroulera sous l'égide l'IRD (Institut de recherche sur le développement) et durera quatre mois, à raison de deux sorties en mer par semaine. Une dizaine de balises acoustiques seront installées dans le ventre des requins tigres et bouledogues, jugés responsables des attaques et qui se seraient sédentarisés près des côtes. Ces balises enverront leurs informations à trois petites stations d'écoute, fixées sur des bouées situées dans une réserve marine.
Les plongeurs sont désormais formés au respect de l’environnement. Leurs cours ont été conçus par l’association alsacienne Ried Bleu, fondée et présidée par Serge Dumont. « Une gravière ou un lac, ce n’est pas une piscine, c’est un milieu vivant », rappelle Serge Dumont. Ce moniteur de plongée, qui est aussi biologiste à l’Université de Strasbourg a montré la richesse insoupçonnée des profondeurs des gravières alsaciennes dans son film Les gravières du Ried (palme d’or du festival de l’image sous-marine d’Antibes en 2007). Une révélation pour le grand public, et pour les plongeurs : personne n’imaginait toute la diversité biologique de ces grands trous d’eau que l’on croyait tapissés juste de galets.
Un DVD pour apprendre Au fil des plongées, Serge Dumont a constaté les dégâts provoqués par des sportifs non initiés à cet environnement. Avec l’association Ried Bleu, il a rédigé une charte du plongeur responsable et a proposé de former les moniteurs au respect de l’environnement. Depuis le début de cette année, cette approche fait partie intégrante de la préparation aux brevets de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM). Ried Bleu a réalisé sur DVD un cours sur les milieux aquatiques en eau douce. Le DVD sera distribué à tous les clubs de France qui rassemblent près de 150 000 licenciés.
Il fallait peut-être un grain de folie pour partir sur la piste du coelacanthe, un poisson préhistorique dont l’espèce est vieille de soixante millions d’années, niché dans les grandes profondeurs. Filmé pour la première fois via un sous-marin en 1985, ce spécimen n’avait encore jamais été approché par des plongeurs. Laurent Ballesta et son équipe ont pourtant relevé le défi pour « Ushuaïa Nature ». Pour le numéro consacré ce soir au canal du Mozambique, le biologiste marin est descendu jusqu’à 120 m de fond et a filmé le poisson mythique au large de l’Afrique du Sud. « On a mis plus de dix ans à mettre au point de quoi effectuer ce genre de plongée avec un scaphandre recycleur à circuit fermé qui permet d’être autonome et discret, raconte le spécialiste des immersions profondes. Il faut aussi un bon entraînement : être dans l’eau tous les jours, courir, faire de la gym. » Son face-à-face avec le coelacanthe ? « C’était un fantasme, avoue-t-il. Ce poisson constitue la plus grande découverte zoologique du XXe siècle ! Il est rare (NDLR : il en existerait 1 000 au plus dans le monde), inaccessible car il vit à plus de 100m de fond et tient une place particulière dans l’évolution. C’est un animal charnière entre la vie aquatique et terrestre. » Il faudra plusieurs mois d’approche pour obtenir les autorisations de plonger, en janvier dernier. « Je n’avais jamais mené d’expéditions aussi stressantes, assure le biologiste marin. Le principal danger, c’est l’accident de décompression. Quand on est resté trente-quatre minutes au fond, il nous a fallu cinq heures trente avant de sortir de l’eau ! Il y avait la houle, les courants, les requins…
Monde - Aux quatre coins du globe, sous la surface des mers et des océans, les biologistes marins sont à l'œuvre. Leur but : améliorer les connaissances scientifiques sur le milieu marin.
Les cinq océans majeurs (Pacifique, Atlantique, Indien, Antarctique et Arctique) et les dizaines de mers que compte notre planète recouvrent approximativement 71% de la surface de la Terre. Des minuscules créatures composant le plancton aux géantes que sont les baleines bleues (Balaenoptera musculus), plus grands animaux vivants de notre ère, la biodiversité qu'ils hébergent est encore loin d'être totalement connue.
Autant dire que le travail ne manque pas pour les biologistes marins : palmes aux pieds et bouteilles sur le dos, à bord de laboratoires immergés ou de submersibles toujours plus perfectionnés.
Bénévoles des clubs de plongée du Pradet et d'Hyères, capitaine du port, représentants du Naturoscope et de l'association Telo Sub, responsables du parc national de Port-Cros, spécialiste scientifique de l'algue fléau... Hier, une quinzaine de personnes sont parties au large du port et des plages du Pradet dans la baie de La Garonne pour chasser visuellement la caulerpa taxifolia.
Détecter l'algue pour l'exterminer
Le principe est simple : les plongeurs partent en ligne repérer la présence de l'algue destructrice de biodiversité marine. S'ils la voient, ils signalent l'endroit par un galiteau (bobine jaune qui flotte sur l'eau) afin que la prochaine équipe de plongeurs professionnels intervienne pour exterminer la taxifolia par électrolyse, découpage manuel ou à l'aide d'une couverture enduite de sulfate de cuivre.
L'opération de balisage qui a débuté hier se poursuit jusqu'à vendredi. Priorité a été donnée aux zones de mouillages où les bateaux sont venus s'ancrer cet été ainsi qu'en bordure des herbiers de posidonies où la caulerpa taxifolia aime à s'incruster.
Cette opération, lancée en 2001, a porté ses fruits puisque seule une petite tâche de moins d'un mètre carré a été trouvée l'an dernier dans le port du Pradet.
Venez participer à la semaine européenne pour les requins, du 10 au 18 octobre 2009
Un prédateur devenu proie: Remonter le courant
La plupart des populations européennes de requins sont en déclin à cause de la surpêche. Un tiers d’entre elles sont menacées d’extinction. Les lois européennes d’interdiction du finning, pratique qui consiste à prélever les ailerons d’un requin et à rejeter sa carcasse à la mer, sont parmi les plus laxistes au monde.
Nos espoirs reposent sur le nouveau plan d’action pour les requins, adopté par la Commission européenne, en grande partie grâce à votre soutien.
Ce plan prévoit d’importantes améliorations dans la politique de l’UE en faveur des requins, y compris l’interdiction du finning. Son succès dépend des actions menées par les ministres européens de la pêche et la Commission européenne ainsi que de leur collaboration. Le public européen doit les encourager à mettre en application les initiatives du Plan et à protéger efficacement les requins.
« J'ai vu un poisson, de taille moyenne, zébré, avec une nageoire dorsale épineuse ». Paul ne connaît pas le nom du poisson qu'il vient d'observer et c'est le but du jeu. L'objectif du stage organisé au lac de Mesnil-Saint-Père par la commission scientifique des plongeurs de l'Aube n'était pas d'apprendre à identifier au premier coup d'œil la faune et la flore marines. Au contraire, il s'agissait « d'apprendre à regarder et à rapporter de l'information » sur la vie subaquatique, dans les lacs comme en mer. « L'idée c'est de savoir dire que les nageoires sont de telle forme, de telle couleur, leur position… », précise Vincent Genty, président de la commission départementale biologie, environnement subaquatique. Être capable de décrire ce qu'on voit sous l'eau a un intérêt de portée environnementale. Même en ne connaissant pas les noms des poissons qu'ils croisent, les plongeurs peuvent quand même rapporter des éléments d'information utiles pour observer les modifications de l'écosystème. « Il s'agit de sensibiliser les plongeurs au respect de l'environnement pour pouvoir sauvegarder des sites en mer rapidement dégradés à cause du tourisme de la plongée », alerte Vincent Genty. Sous le ciel ensoleillé de Mesnil-Saint-Père, dix curieux ont donc exploré les bords du lac grouillant de larves d'insectes, de libellules et de demoiselles, de grenouilles et de tritons, mais aussi de plantes rares.
RAPPEL Le plus grand mollusque du monde vit au large d'Agde Planifiée depuis des semaines par les responsables de l'Adena (Association de défense de la nature et de l'environnement des Pays d'Agde), une opération de suivi des grandes nacres, ces mollusques qui peuvent atteindre jusqu'à 1,20 m dans les eaux croates, a été organisée hier après-midi, au large de l'embouchure du port. En présence d'une trentaine de plongeurs bénévoles, à qui l'on avait assigné des tâches bien précises en matière de notification du positionnement des bivalves, de leur taille et de leur environnement, ces grandes manoeuvres, qui n'avaient plus été organisées depuis 2001, devaient permettre de dresser un premier état des lieux de la population des grandes nacres sur l'herbier des Mattes.
Depuis trente ans, appareil photo et caméra en main, Serge Dumont tire du milieu naturel des gravières des images de toute beauté, qui lui ont valu la Palme d’or au Festival mondial de l’image sous-marine d’Antibes.
« Le terme de gravière a quelque chose de péjoratif, on s’imagine que ces trous creusés par les exploitants de sable et de gravier sont vides. Personne ne s’attendait à y voir une telle vie. » Serge Dumont s’amuse quand il se souvient de la Palme d’or que son film Les gravières du Ried, une biodiversité à découvrir a reçue au Festival mondial de l’image sous-marine d’Antibes, en octobre 2007. « Il y avait soixante pays, des images de mers chaudes, la surprise a été totale. » Cette beauté cachée des gravières, le plongeur benfeldois en est conscient depuis longtemps : « Tout petit déjà… », le terme est certes éculé, mais ô combien valable pour lui. Gamin à Herbsheim, il accompagnait son père pêcheur à la truite dans la Zembs et c’est là qu’il a appris à nager. « En plongeant la tête sous l’eau, j’ai eu envie de voir les bestioles qui s’y trouvaient ; ado, j’ai tanné mes parents pour faire de la plongée. » Chose dite, chose faite. En 1978, il passe son baptême de plongée… et ne s’arrête plus : moniteur à 21 ans avec son frère Roger — c’est d’ailleurs en faisant un baptême de plongée qu’il rencontre sa femme, Myriam -, et 3 500 plongées à son actif à ce jour, soit six mois de sa vie cumulés sous l’eau. Mais l’homme n’est pas ce que l’on pourrait appeler un plongeur acharné : « Je ne plonge pas pour plonger, pour moi c’est simplement l’outil qui me permet de découvrir le milieu aquatique. » Sa vie tourne autour de cette passion : ce qu’il a vu sous l’eau a décidé de sa vocation de biologiste, qui l’a mené à un doctorat de sciences et à un poste de maître de conférences à l’université Louis Pasteur de Strasbourg. Le monde universitaire c’est très bien, mais cela reste un petit monde. Après avoir mitraillé les dessous des gravières avec un appareil photo, Serge Dumont passe à la caméra « pour montrer les scènes de vie, partager ces moments avec le grand public ».
« Les gens ne se lèvent pas le matin en se disant : "Aujourd’hui, je vais casser du gardon"»
En 2005, il crée l’association Ried Bleu, pour la découverte et la protection des milieux aquatiques alsaciens. Celle-ci a trois activités : pédagogique avec l’éducation à l’environnement, artistique avec les images montrées et scientifique avec le travail sur les milieux aquatiques.