L'ormeau, coquillage de luxe quasi-inconnu hors de Bretagne et d'Asie où il est très prisé, notamment pour les fêtes, est traqué par quelques dizaines de plongeurs français qui veillent en même temps à la préservation d'une espèce rare et menacée.
Ce mollusque au goût "très iodé", "fin et léger", selon les amateurs, est apprécié des chefs. Vendu entre trente et quarante euros le kilo, il est cuisiné en Bretagne en cette période de fêtes, et se mange souvent cru et émincé au Japon où il se nomme "abalone".
Interdite jusqu'en 1994, la pêche de cette espèce qui ne vit que dans les eaux froides est désormais autorisée au compte-gouttes en Bretagne, et sous haute surveillance de la direction des Affaires maritimes: trente à quarante tonnes seulement sont actuellement pêchées chaque année, par une petite quarantaine de plongeurs professionnels bénéficiant d'une licence pour aller chasser ce coquillage haut de gamme.
A la manière du gibier protégé, chaque ormeau pêché est bagué. Il doit aussi répondre à des critères stricts: "La taille minimum est de neuf centimètres, ce sont des bestioles qui ont six ou sept ans et qui ont eu le temps de se reproduire deux ou trois fois, ce qui permet un renouvellement des stocks", relève Eric Foucher, chercheur à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) qui surveille de près l'évolution du stock.
L'ouverture d'une pêche très contrôlée a permis de réduire le braconnage quasi-industriel qui sévissait avant 1994, nourrissant régulièrement la chronique judiciaire en Bretagne, affirme la direction régionale des Affaires maritimes.
Pionnier de la pêche aux ormeaux en plongée en baie de Saint-Malo, Philippe Orveillon assure que le marché parallèle s'est arrêté avec la mise en place des autorisations "car les titulaires des licences étaient bien souvent d'anciens braconniers", désormais soucieux de protéger leur ressource.






















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